L'avenir de l'homme :

Ils auront à construire sur le monde que nous leur laissons en héritage.

26 avril 2007

Rapts d'enfants : Appel aux ravisseurs ?

omment contribuer à éviter le pire, c'est-à-dire le meurtre, dans le cas d'enlèvement de jeunes enfants? L'émotion et la colère suscitées par la mort de Mathias, 4 ans et demi, violé et tué à Moulins-Engilbert (Nièvre), et celle de Madison, 5 ans, retrouvée morte chez un habitant d'Eyguières (Bouches-du-Rhône), le village où habitent ses parents, a fait place à la polémique. Fallait-il déclencher le Plan alerte enlèvement après le constat de la disparition de Madison, sans avoir la certitude qu'il s'agissait d'un enlèvement?

Ce dispositif, mis en place officiellement en février 2006, permet de lancer, via les médias, un appel à la population afin qu'elle se mobilise pour rechercher l'enfant. Dans le cas de Madison, le procureur de Tarascon avait toutefois appelé sur les ondes un éventuel ravisseur à ramener la fillette, évoquant «une prime à la libération immédiate», autrement dit une réduction de la peine maximale de vingt ans à dix ans.

«Lorsqu'on présume qu'il s'agit d'un enlèvement, on pourrait systématiquement lancer un appel, car cela peut avoir une influence favorable, propose Roland Coutanceau, criminologue et psychiatre. La majorité des ravisseurs d'enfants ne préméditent pas une issue meurtrière. Mais, paniquant à l'idée d'être confondus, certains en arrivent à commettre un geste pire que ceux déjà perpétrés. Dans ce cas, leur rappeler qu'il y a des paliers dans l'horreur est un recours que l'on ne peut pas ignorer.»

En revanche, le fait d'évoquer les peines encourues risque d'être contre-productif, selon Roland Coutanceau, la perspective des années de prison pouvant les pousser à commettre l'irréparable.

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Protéger les enfants des dangers d'Internet

oici Louise, sa famille, sa peluche. Louise va tous les jours sur Internet. Elle met des photos sur son blog et espère être repérée par un réalisateur. Qui sera peut-être un réalisateur pornographique", raconte en voix off Jean Réno, dans l’un des trois spots diffusés jusqu’au 18 juillet sur les écrans de cinéma, de télévision et les portails internet. Trois films courts, réalisés par l’association E-Enfance, destinés à sensibiliser les parents aux dangers qu’encourent les enfants sur le Web.

Huit enfants sur dix confrontés à des images violentes
"Nous voulions créer un électrochoc, explique Christine du Fretay, présidente de l'association, pour rappeler aux parents que tout peut arriver, sur Internet comme dans la vraie vie".

"Aujourd'hui, huit enfants sur dix auraient déjà été confrontés à des images violentes sur Internet", précise-t-elle. Des chiffres qu'expliquent un accès généralisé des plus jeunes au Web: selon une étude Médiamétrie 2006, 82% des 10-18 ans se connectent en dehors de l'école et un quart des blogs serait créé par des adolescents de 10 à 17 ans.

Le nombre d’images et de sites à caractère violent est aussi en constante augmentation. D'après le rapport 2006 de l’institut britannique Internet Watch Foundation, les images d’abus sur les enfants et de violences sexuelles aggravées ont été multipliées par quatre en trois ans. Des images souvent dissimulées dans des sites a priori inoffensifs, comme des plateformes de publication de photos de vacances.

Surveiller les fréquentations virtuelles
Premiers remparts contre ces agressions, les parents sont encore peu conscients des risques encourus, estime Christine Du Fretay: "Si près de 50% d'entre eux se disent inquiets, ils sont tout aussi nombreux à laisser leurs enfants seuls devant Internet. Ils leur demandent quel film ils vont voir au cinéma, pas les sites qu'ils visitent, surveillent leurs fréquentations dans le monde réel, pas virtuel."

Le contrôle parental porte aujourd'hui principalement sur le temps passé sur internet, mais seuls 23% des parents utilisent des logiciels permettant de restreindre l’accès à certains sites (étude Médiamétrie 2005). Parallèlement aux spots de prévention, E-Enfance lance donc un blog destiné aux parents qui peuvent y partager questions et conseils sur le sujet.

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20 avril 2007

Un jeune meurt sur les routes du monde toutes les 90 secondes

Dans le monde, un jeune meurt toutes les 90 secondes ou quatre jeunes de moins de 25 ans meurent toutes les heures sur la route selon un rapport de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Les accidents de la circulation sont la première cause de mortalité parmi les 15-19 ans selon l’étude et la seconde chez les 20-24 ans. Chaque jour, 1409 jeunes de moins de 25 ans, qu’ils soient piétons, cyclistes ou conducteurs passagers, sont tués sur les routes. Les jeunes les plus exposés vivent en Afrique ou en Méditerranée occidentale. Les garçons sont davantage concernés que les filles, dès leur plus jeune âge. Le Dr Etienne Krug, en charge du département pour la prévention de la violence et des traumatismes à l’OMS, a clarifié l’idée selon laquelle les pays développés seraient plus affectés par l’insécurité routière et a souligné que 90% des victimes d’accidents de la route vivaient dans des pays en voie de développement. Ce dernier a également qualifié « l’insécurité routière de fléau sanitaire mondial » tandis que José Capel Ferrer, directeur de la division transport de la commission économique assimile le bilan à celui d’une « guerre mondiale ». Cinq clip-vidéos de prévention sur l’insécurité routière seront diffusés en six langues (français, anglais, espagnol, arabe, chinois et russe) d’ici la semaine prochaine pour dissuader les jeunes conducteurs d'avoir des comportements à risques.

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07 avril 2007

Les violences anti police, nouveau tabou

Le contraste est saisissant. En septembre et en octobre 2006, une série de violences commises contre des policiers aux Tarterêts, à Corbeil-Essonnes (Essonne), aux Mureaux (Yvelines) et à Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis) avaient provoqué des réactions syndicales outragées et un débat politique agité, relayés par les médias.

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Depuis, ces agressions n'ont guère diminué. Selon l'indicateur national des violences urbaines (INVU), près de 1 400 atteintes collectives à des services de sécurité, de secours et de santé ont été enregistrées au cours du premier trimestre 2007, soit autant que l'an passé à la même période. Ces dernières semaines ont notamment été marquées par des agressions spectaculaires, parfois préméditées, contre les policiers. Pourtant, elles ont fait l'objet d'un traitement bien plus mesuré qu'à l'automne 2006.

Le 20 mars, des policiers sont tombés dans un piège dans une cité d'Etampes (Essonne). Pour se venger d'une interpellation mouvementée deux jours plus tôt, un groupe de jeunes gens a tendu un guet-apens en organisant un rodéo automobile avec un véhicule volé, avant d'y mettre le feu pour attirer pompiers et policiers. Pendant leur intervention, les forces de l'ordre ont été visées par 20 à 30 tirs, déclenchés avec une carabine 22 long rifle équipée d'une lunette de visée.

"Par chance, la lunette était mal réglée et il n'y a eu qu'un fonctionnaire blessé à la jambe", note le procureur de la République d'Evry, Jean-François Pascal. Grâce notamment à trois témoignages sous X..., cinq personnes ont été déférées devant un juge, vendredi 6 avril, pour "tentative d'homicide volontaire en bande organisée" et "embuscade". Un homme, majeur, a dit être l'auteur des coups de feu.

A Cergy (Val-d'Oise), dimanche 1er avril, des policiers ont été pris à partie par un groupe de 30 à 50 jeunes qui les ont aspergés avec des extincteurs et leur ont jeté des pierres. Pour disperser leurs agresseurs, deux policiers ont fait usage de leur arme de service, à deux reprises, en visant "au-dessus des têtes des assaillants", selon une source judiciaire. Un jeune homme qui se trouvait dans un parc voisin a été blessé : une source judiciaire émet l'hypothèse qu'il ait pu être touché par le ricochet d'une balle. Les policiers n'étaient pas équipés de flash-balls, ces armes à létalité réduite qui leur servent à se dégager de ce genre de situation.

Des violences graves se sont également produites, mercredi 4 avril, dans une cité de Bassens (Gironde), près de Bordeaux. A la suite d'un contrôle d'identité, neuf policiers ont été blessés, dont un grièvement, par des pierres et des bouteilles jetées par une quinzaine de jeunes gens. Une soixantaine de policiers ont été mobilisés pour permettre un retour au calme. Mis en cause pour "violences volontaires avec armes commises en réunion", six hommes d'une vingtaine d'années ont été mis en examen, vendredi 6 avril. Des incidents, moins sérieux, ont aussi été signalés à Noisy-le-Sec et Sevran (Seine-Saint-Denis), mercredi 4 avril.

Ces événements ne sont pas exceptionnels. Ils confirment une tendance lourde, constatée sous la gauche comme sous la droite. Selon l'Observatoire national de la délinquance, les violences envers les personnes dépositaires de l'autorité (gendarmes, policiers, pompiers, personnels de santé ou professeurs) ont plus que doublé depuis 1996. La progression du nombre d'actes de ce type doit être rapprochée de la montée des atteintes aux personnes (+ 80 % durant cette même période).

Depuis trois ans, la hausse annuelle des violences envers les personnes dépositaires de l'autorité s'est stabilisée entre 6 % et 8 %. En 2006, 24 851 faits ont été enregistrés, soit 6,3 % de plus qu'en 2005. Le premier semestre de 2006 a été particulièrement difficile, en raison des débordements constatés en marge des manifestations contre le contrat première embauche (CPE).

Selon l'indicateur national des violences urbaines (INVU), 5 660 violences collectives contre des services de sécurité, de secours et de santé ont été comptabilisées en 2006, ainsi que près de 8 500 jets de projectiles. La Seine-Saint-Denis, les Yvelines, le Nord et les Bouches-du-Rhône sont les départements les plus touchés.

C'est la gravité des agressions qui est sans précédent, à en croire les policiers. Engins incendiaires, plaques d'égout, barres de fer, parpaings, boules de pétanque : tout est recyclable pour viser les fonctionnaires. Une interpellation ou un contrôle d'identité qui tourne mal peut servir de prétexte, comme l'ont montré les émeutes de la gare du Nord, à Paris, survenues le 27 mars.

Celles-ci ont provoqué une irruption momentanée du thème de l'insécurité dans la campagne électorale. Cependant, les autres violences contre les forces de l'ordre, qui surviennent presque au quotidien dans les cités sensibles, ne retiennent plus l'attention. Comment expliquer ce retournement ? Par la prudence des syndicats, qui sont l'une des sources privilégiées des journalistes ? Par le souci des médias de ne pas mettre ce thème en exergue à l'approche du premier tour de l'élection présidentielle ?

"Il y a une lassitude générale, y compris chez les policiers. On s'habitue à tout, et notamment à la violence quand elle devient quotidienne, explique Dominique Achispon, secrétaire général du Syndicat national des officiers de police (SNOP). Mais attention : un jour, si le vase déborde, les collègues exprimeront leur ras-le-bol dans la rue."

Jean-Claude Delage, secrétaire général du syndicat Alliance, dénonce, lui, la "banalisation des violences contre les policiers" provoquée par la politisation soudaine de la sécurité ces derniers mois. "Les fonctionnaires sont considérés comme les agents de la méthode Sarkozy, qui consiste à occuper le terrain dans tous les quartiers. Donc, d'une certaine façon, ils mériteraient ce qui leur arrive."

D'autres syndicalistes mettent en cause les médias et leur humeur changeante. "Aujourd'hui, il est à la mode d'être anti-poulet, estime Bruno Beschizza, secrétaire général de Synergie-officiers. Les débats après les émeutes de la gare du Nord ont été, de ce point de vue, caricaturaux. En plus, il y a, dans les rédactions, un phénomène de retenue : ne parlons pas trop du thème sécuritaire, sinon, on sera encore accusés de faire le jeu de l'extrême droite."

Mais le traumatisme du 21 avril 2002, où Jean-Marie Le Pen a devancé Lionel Jospin au premier tour de l'élection présidentielle, n'occupe pas que les esprits des journalistes. "Nous sommes embêtés pour communiquer sur ces incidents. En tant que syndicat indépendant, nous réagissons régulièrement lorsque des fonctionnaires sont agressés. Mais nous avons aussi le souvenir de la campagne de 2002, qui avait glissé sur le thème de l'insécurité : nous ne voudrions pas en faire trop", reconnaît Yves Louis, secrétaire régional d'Alliance en Ile-de-France. Les policiers craignent les réactions d'une partie des jeunes gens des cités en cas de victoire de Nicolas Sarkozy. "Ça va péter s'il gagne. Tous ceux qui voudraient se faire Sarkozy et qui ne peuvent évidemment pas vont s'en prendre à ses flics", prévient-il.

Le sociologue Sebastian Roché a remarqué une certaine retenue des syndicats, au moment de dénoncer ces violences contre les policiers. "Leur problème, explique-t-il, c'est que cela reviendrait à critiquer la politique de sécurité, et donc Sarkozy." Le chercheur regrette le manque de documentation et d'études sur la dégradation des rapports entre la police et la population. "Nous sommes dans un domaine sous-développé, ce qui empêche de poser les bonnes questions. D'autant plus que certaines études sont placées sous embargo."

M. Roché fait notamment référence à une étude réalisée par l'Institut national des hautes études de la sécurité (Inhes), à la demande du préfet de la Seine-Saint-Denis, sur les rapports entre les policiers et les habitants (Le Monde du 5 avril).

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