L'avenir de l'homme :

Ils auront à construire sur le monde que nous leur laissons en héritage.

27 octobre 2006

Les médias en ligne de mire

Il y a un an, les cités s'enflammaient sous l'œil des caméras de télévision. Aujourd'hui, beaucoup accusent les journalistes d'attiser les tensions. Et, sur le terrain, la communication n'a jamais eu autant de mal à passer

ne pluie tenace tombe sur la cité Emmaüs, à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Emmaüs, ses tours bétonnées, pas très hautes, ses grappes de jeunes qui traînent leur ennui. Il y a un an, ici, c'était comme au JT. Voitures carbonisées, sirènes hurlantes. Les caméras du monde entier braquées sur les banlieues françaises. Depuis, rideau. Les journalistes qui sont venus dans le quartier ces jours-ci se sont fait chasser. «Ils se sont ramenés pour l'anniversaire du bordel, c'est ça? s'énerve un jeune. C'est quoi cet anniversaire de malades?»

«Ce qui se passe vraiment ici? Personne n'en parle.»

Rendez-vous a été pris avec le rappeur Sefyu, une figure de la cité, enfant d' «Aulnay-sous», ancien joueur de foot. Dans son premier album, Qui suis-je?, il raconte les «embrouilles» et les galères de la France des «ghettos», s'attache à décaper les clichés. Et appelle les jeunes à voter. «Les médias ne viennent que quand ça chauffe, explique-t-il. Dès que les jeunes voient une caméra, ils pensent que les flics vont débarquer. Ce qui se passe vraiment ici? Personne n'en parle.» Marre de voir les médias venir humer l'air de la banlieue quand ça leur chante, se promener caméra au poing pour filmer la misère et les cendres. «Un conseil, souffle l'un de ses copains. C'est pas trop la peine de clamer que vous êtes journalistes…»

L'arme des blogs

«J'fuck la BAC», «Nik tou. Mureaux 78130 Kpital du crim», «Sevran baize vo reums [mères]». Par le biais de blogs personnels, souvent agrémentés d'images d'armes et de raps hardcore, des milliers de jeunes des cités utilisent Internet comme moyen d'expression. Voire comme une tribune exacerbant la surenchère entre cités concurrentes ou appelant à «cramer du flic». Après l'attaque d'une voiture de la Brigade anticriminalité (BAC), à Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis), dans la nuit du 13 au 14 octobre, les policiers chargés de la veille sur Internet à la Direction de la surveillance du territoire (DST) et aux Renseignements généraux (RG) ont vu fleurir sur la Toile des slogans incitant à agresser les forces de l'ordre.Skyblog, service lancé par la radio Skyrock, qui compte près de 6 millions de blogs, a connu son baptême du feu à l'automne 2005. Des «modérateurs» sont chargés de s'assurer qu'aucun message ne tombe sous le coup de la loi. Durant les émeutes, l'an dernier, plusieurs auteurs de messages haineux avaient été démasqués. Selon Skyrock, «environ 6 500 articles sont supprimés et une dizaine de skyblogs sont désactivés chaque jour». Peine perdue? 18 000 nouveaux blogs sont créés quotidiennement.

Radio cité a déjà fait circuler l'info. Une heure après, la vitre arrière de notre voiture, sur un parking, a été pulvérisée, le coffre fouillé. Sur la carrosserie, le larcin est signé: «9-3». Un jeune du quartier arrive, dégoûté: «Tenez, j'ai rassemblé vos affaires, celles que j'ai pu trouver.»

L'histoire est tristement banale. Le 21 octobre, un cameraman de TF1 a été frappé, sa caméra volée. Le 12, une voiture de France 3 avait été incendiée, selon des sources policières. D'ores et déjà, les agressions de journalistes sont plus nombreuses que pour l'ensemble des émeutes de 2005, assure un haut responsable policier. Fait exceptionnel, le 18 octobre, la Direction générale de la police nationale (DGPN) a suspendu, jusqu'à nouvel ordre, toutes les 02autorisations de reportage accordées à des médias suivant le travail de ses fonctionnaires dans les quartiers dits «sensibles». Certains reporters, sur place depuis des semaines, ont été priés de remballer caméras et carnets de notes. «Il y a des situations où leur présence peut accroître les tensions, se justifie la DGPN. Dans ces conditions, nous ne pouvons pas assurer leur protection correctement.»

Pour les Renseignements généraux (RG), il n'y a pas de doute: de nouveaux incidents en région parisienne vont venir «commémorer» la mort des deux jeunes, décédés le 27 octobre 2005 dans un transformateur à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), après une course-poursuite avec la police. Les conditions sont réunies: la date, la fin du ramadan, les vacances de la Toussaint. Et l'affairement des rédactions à l'approche de l' «anniversaire». La DGPN est convaincue que l'extension à l'ensemble du territoire des premiers incidents dépendra de la couverture médiatique. Déjà, les agressions physiques sur des policiers se multiplient - une «contamination» que ces derniers imputent à l' «effet pervers de la médiatisation».

«L'esthétique de la violence a eu un impact sur des publics hyperréactifs»

Profil bas, donc. Black-out. Voilà qui tranche avec la publicité donnée aux descentes policières aux Mureaux (Yvelines), le 4 octobre et aux Tarterêts, à Corbeil-Essonnes (Essonne), le 25 septembre. Là, à 6 heures du matin, 30 journalistes, prévenus, avaient débarqué pour assister à l'interpellation par 220 policiers de 11 tabasseurs présumés. «C'était irréel, on aurait dit un show, une arrestation spectacle!» s'exclame Ali, 29 ans.

Voilà donc les médias accusés d'attiser les tensions, comme en 2005. Images d'incendies en boucle, palmarès des voitures brûlées à chaque JT... Prises de court, les rédactions auraient à l'époque nourri la surenchère, donc facilité la propagation des troubles. «Ils n'en ont pas trop fait, nuance le sociologue Jean-Marie Charon, on ne peut pas nier des événements d'une telle ampleur. En revanche, le traitement de l'info a été mal maîtrisé: l'esthétique de la violence a eu un impact réel sur des publics hyperréactifs.»

L'intrusion d'une caméra ou d'un objectif n'est jamais neutre. Photographe à l'agence Gamma, Jean-François Deroubaix raconte: «Des "grands frères" nous demandaient d'arrêter parce que notre présence excitait les jeunes.» Un reporter de France 2: «J'ai entendu des gamins dire: "Si je fume cette bagnole, on va me voir à la télé? "» Des habitants, eux, affirment que des journalistes les ont incités à mettre le feu devant les objectifs. Info ou intox? C'est dire, en tout cas, le climat de défiance qui s'est installé.

Comment traiter ces sujets? Entre nécessité d'informer et mise en scène, le fil est parfois ténu. «A Strasbourg, les 31 décembre, des dizaines de voitures partent en fumée, poursuit le reporter de France 2. On a décidé de ne plus les filmer. Le lendemain, pluie d'appels des riverains: "Service public de merde! Ma bagnole a cramé, vous n'êtes pas venus. Vous avez démissionné! "»

Bien sûr, depuis l'automne 2005, les chaînes ont amorcé leur autocritique. France 2 a nommé une journaliste spécialisée sur la banlieue. En réalité, peu de choses ont changé, estime Jean-Marie Charon, si ce n'est que les télés ont de moins en moins accès aux cités. «Les équipes sont voyantes, fragiles, à cause du matériel. On les envoie réaliser un sujet en quelques heures. Sinon, l'autre tendance, c'est d'être embedded, comme en Irak, embarqué du côté des forces de l'ordre.»

«Parler dans le micro? Pour ces jeunes, ça ne sert à rien

Une déclaration de guerre pour ces jeunes Blacks, pantalon à marée basse, sweat à capuche, groupés à l'entrée d'un lycée professionnel d'Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis): «Les journalistes? Ils sont pour les keufs.» Tous des «balances», des «mythos» (menteurs), des «vendus». «Entre eux et les médias, assimilés à la clique des dominants, PPDA = Bouygues = Sarko, c'est un rapport ambivalent de fascination-répulsion», estime le sociologue Thomas Sauvadet, qui publie ces jours-ci Jeunes dangereux, jeunes en danger: comprendre les violences urbaines (Dilecta). A les entendre, les «mythos» remixent l'info, la trafiquent. «Pendant les émeutes, ils diffusaient que les fins de phrase, genre: "On va tout brûler", s'insurge Babani, 25 ans, à Aulnay-sous-Bois. Pendant un quart d'heure, on leur avait expliqué pourquoi. Et ça, ça n'y était pas.» Mensonges, ce que dit la télé. Mensonges des politiques, des élites. Mensonge, l'égalité, la République. Qu'est-ce qu'ils y connaissent, tous, à la banlieue? Ils sont blancs, vivent à Paris, une autre planète. «Parler dans le micro? Pour ces jeunes, ça ne sert à rien, parce que tout est no future», traduit, amer, Toufik, gardien de gymnase à Epinay. Ils ont bien compris qu'ils sont les objets d'un débat auquel ils ne participent pas, qu'ils ne sont pas représentés. «Si, il y a bien Harry Roselmack [TF 1], nuance Karim - Mais je m'en fous de sa couleur! réplique Babani. Ce qui m'intéresse, moi, c'est la démarche. Aux infos, ils vont nous montrer des vallées en Bretagne qui ont un siècle. De nous, ils n'en parlent pas! Alors qu'on est urgents.»

Pire, pour nombre d'habitants des cités, les médias ne seraient que des pourvoyeurs de clichés - négatifs - sur la banlieue: «Les interlocuteurs sont souvent mal choisis, les questions aussi, déplore Alain Attica, trésorier de l'association Pixels Video, aux Tarterêts. Pourquoi demander à un môme de 16 ans s'il préfère aller bosser pour 5 euros de l'heure ou voler des voitures?» De temps en temps, les journalistes dénichent bien «le gars» qui a réussi. «Et que fait-il, dans la vie, ce brave garçon? poursuit Alain Attica. Vêtements underground, restaurant halal ou société de minibus. Où sont passés les médecins et les professeurs?»

Mais les jeunes, eux aussi, instrumentalisent les caméras: «Face à elles, beaucoup d'ados sont tombés dans une délinquance d'expression, décrypte Thomas Sauvadet. Ils se comportent comme des sauvageons, mettent des foulards, se regroupent comme les gangs américains, brandissent un cocktail Molotov.» Une grande partie de cette mise en scène est destinée à leurs pairs des autres cités: «Regardez comme je suis dangereux.» C'est aussi une manière de détourner l'attention des questions qui font mal, des tabous. De la honte de soi, du cadre de vie. Ou du «business» parallèle.

La cité, ses codes claniques, ses allégeances, ses mots en crypté. Mission difficile pour les médias - instances censées relier deux mondes. Ces jeunes-là n'écoutent que ceux qui savent leur parler, ceux d'entre eux qui ont arraché le micro et la parole. A Aulnay, collégiens et lycéens viennent saluer Sefyu, le rappeur. «On le respecte, lui, il nous a calmés pendant les émeutes», raconte Reda, 18 ans. «Le rap engagé, pour moi, c'est une forme de journalisme, dit Sefyu. Mes textes décrivent la réalité, sans complaisance, parce qu'il faut être très pointilleux, ne pas dériver.» A la fois dedans et dehors, le griot urbain dénonce les a priori, la «légende» qui appelle ses frères «tous violents», le racisme lancinant, tout en balançant des taquets aux arracheurs de portable et aux petites frappes des cités.

D'autres s'emploient à édifier des passerelles. Telle cette agence de presse, Ressources urbaines, consacrée aux banlieues. Créée pendant les émeutes, elle propose des articles aux journaux municipaux. Travailler sur la durée, rompre avec le zapping... «Nous avons toujours pu aller partout, témoigne Nathalie Dollé, ex-journaliste à Saga Cités, une émission créée en 1991 sur France 3. L'important, c'est de passer du temps, sans caméra, avec les gens. Quand la confiance s'instaure, ils deviennent des sujets, pas des objets.» Saga Cités s'est arrêtée en 2002. «Parce que le social, c'est chiant, raille-t-elle. Et les Arabes, les musulmans, les Noirs, ça segmente l'audience.»

L'ironie a voulu que ce soit les journalistes suisses de L'Hebdo qui aient tenté l'immersion, durant trois mois à Bondy, après les émeutes. Ils ont fondé le Bondy Blog, se sont relayés à 15 cité Blanqui comme s'ils avaient ouvert un bureau à Washington. «Ça changeait des journalistes qui repartent avec cette phrase, terrible: "C'est bon, j'ai ce qu'il me faut"», relève Mohamed Hamidi, 33 ans, prof d'économie-gestion, qui a repris le blog. L'outil a permis de libérer des milliers de voix, de capter des vérités, des morceaux de vie, retranchés dans les halls d'immeubles. Au risque de soulever des critiques, inhérentes à l'exercice, explique Michel Beuret, l'un des reporters suisses: «C'est un journalisme descriptif, forcément empathique. Une somme d'histoires qui restituent une réalité diverse, comme un puzzle.»

Ce puzzle sera complet le jour où «on aura tous le réflexe de tourner des marronniers [sujets récurrents] au-delà du périphérique, lâche un reporter de France 2. La rentrée des classes, les courses de Noël, la canicule à Aulnay-sous-Bois». Histoire de vérifier que l'été, aussi, il fait chaud en banlieue.

Posté par jmlir à 20:38 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


23 octobre 2006

Les RG craignent de nouvelles violences urbaines

es Renseignements généraux (RG) estiment que le climat dans les banlieues reste explosif, un an après les émeutes, et que les conditions de la violence urbaine de l'année dernière existent toujours, affirme lundi Le Figaro qui cite un rapport de ce service. "La plupart des conditions qui ont amené, il y a un an, un déclenchement de la violence collective sur une grande partie du territoire métropolitain sont toujours réunies", estime le rapport des RG cité par le quotidien.

C'est à propos de l'Ile-de-France que le rapport se montre le plus pessimiste. La note, datée du 11 octobre dernier, estime en particulier que "la gestion de la commune de Clichy-sous-Bois dans les prochains jours sera un élément déterminant pour anticiper la survenance de troubles et une éventuelle contagion à d'autres secteurs". C'est dans cette ville de Seine-Saint-Denis que deux jeunes ont été électrocutés, le 25 octobre 2005, en tentant d'échapper à la police. Leur mort avait déclenché près de trois semaines d'émeutes en Ile-de-France et en province, les plus importantes depuis mai 1968.

Outre la Seine-Saint-Denis, les Yvelines figurent parmi les zones les plus explosives actuellement. Dans ce département de l'ouest parisien, "la plupart des indicateurs des violences urbaines sont à la hausse depuis le mois d'avril", souligne le rapport. Pour les Renseignements généraux, "on note une amorce de reprise des violences urbaines après l'accalmie estivale". Le rapport évoque la possibilité de débordements "non plus spontanés, mais structurés, conduisant à s'en prendre [...] à l'un des derniers représentants institutionnels encore présents dans certains secteurs: la police".

Posté par jmlir à 17:44 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

19 octobre 2006

Du contenu pour ton Blog... sympa...

Salut,
Je t'invite à visiter un site sur lequel tu pourras trouver plein de contenu pour ton blog (gifs, bannières vierges, animations "Lache tes comms", "Lache ta pub !", des questionnaires...), mais aussi des rubriques
pratiques, des services pour webmasters, des jeux, des concours, des interviews exclusives, et beaucoup
d'autres choses encore... Et pour les plus coquins... une rubrique "charme" complète.
N'hésite pas à te rendre sur http://www.iciyatou.net !

 

Posté par jmlir à 22:41 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Epinay-sur-Seine, huit jeunes interpellés

Procédant dans une "totale discrétion", la police a interpellé, jeudi 19 octobre à l'aube, à la cité Orgemont d'Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis), huit jeunes gens soupçonnés d'avoir participé à l'agression d'un policier vendredi 13 octobre dans cette cité.

Les huit personnes placées en garde à vue, âgées de 17 ans à 21 ans, sont suspectées d'avoir participé au "guet-apens" tendu à trois policiers de la brigade anticriminalité (BAC) au cours duquel Christophe Estève, 30 ans, avait été blessé à la mâchoire par un jet de pierre.

Les hommes de la sûreté départementale ont procédé aux interpellations dans la plus "totale discrétion et efficacité", a commenté une source policière, alors que d'autres opérations de police récemment menées dans les Yvelines et en Essonne avaient été critiquées comme relevant d'une "police-spectacle", avec de surcroît des résultats controversés.

"IL FALLAIT QUE LES MÉDIAS RESTENT LOIN"

S'ils disposaient d'un soutien, en couverture, de renforts CRS autour de la cité, les policiers ont agi rapidement, se présentant en civil aux portes des appartements où ils avaient localisé les suspects. Des consignes particulières ont été passées pour éviter une médiatisation trop précoce de l'opération. "Il fallait que les médias restent loin. Des consignes ont été passées. On visait le résultat", a expliqué une source proche de l'enquête.

Les policiers ont agi à 6 heures sur commission rogatoire du juge Olivier Géron, chargé de l'information judiciaire ouverte lundi par le parquet pour "tentative de meurtre aggravée sur un fonctionnaire de police avec préméditation". Pour ce chef, les agresseurs du policier encourent la prison à perpétuité.

Les enquêteurs disposent "d'éléments sérieux contre eux", selon une source judiciaire. Ils ont été identifiés notamment grâce aux relevés d'empreintes digitales, précise une source policière. Plusieurs auraient joué un rôle actif dans l'agression, menée dans la soirée du vendredi 13 octobre par "une trentaine d'individus, porteurs de barre de fer et d'armes de poing". L'équipage de la BAC, qui répondait à un appel de police-secours, s'était trouvé bloqué par deux véhicules placés en travers de la route.

Posté par jmlir à 17:28 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17 octobre 2006

Policiers - jeunes : le cercle infernal

L'indicateur national des violences urbaines confirme un sentiment né ces dernières semaines, au gré de quelques agressions de policiers fort débattues : les violences contre les forces de l'ordre et, plus généralement, les représentants des services publics (pompiers, personnels de santé, etc.) sont en hausse de 30 % au mois de septembre par rapport à août, un mois traditionnellement calme dans les cités en raison des vacances.

Lundi 25 septembre, la police a mené une vaste opération dans la cité des Tarterêts, dans l'Essonne, en présence de journalistes, pour y arrêter des personnes suspectées d'avoir agressé deux CRS. | AFP/JOËL SAGET

Lundi 25 septembre, la police a mené une vaste opération dans la cité des Tarterêts,
dans l'Essonne, en présence de journalistes, pour y arrêter
des personnes suspectées d'avoir agressé deux CRS.

Près de 480 faits ont été recensés par la direction centrale de la sécurité publique (DCSP) et la direction centrale des renseignements généraux (DCRG). "Le paradoxe de la situation actuelle, c'est que la situation est plus calme qu'on ne le pensait, si on compare à la période du contrat premier embauche au printemps ou au mois de juillet, souligne Michel Gaudin, le directeur général de la police nationale. Il y a, cependant, un phénomène d'amplification médiatique autour des agressions de policiers." Les syndicats de policiers estiment, pour leur part, qu'un désir inédit de cibler la police se diffuse actuellement.

Si les estimations mensuelles nécessitent toujours d'être prudents dans l'analyse, elles sont confirmées par d'autres chiffres. Depuis le début de l'année, le nombre de ces violences s'élève à près de 4 200. Selon le ministère de l'intérieur, le nombre de policiers blessés en mission au cours des six premiers mois s'est élevé à 2 458 et celui des blessés en service (simples accidents du travail) à 3 183. Pour les blessés en mission, la tendance est donc largement supérieure à 2005 (4 246 pour toute l'année) et 2004 (3 842). "Il y a une façon très simple d'avoir moins de policiers blessés, c'est de laisser les quartiers à l'abandon. Nous, nous avons choisi de multiplier les interpellations", remarque Michel Gaudin.

Au total, l'indicateur des violences urbaines – outil mis en place en 2005, qui compte neuf rubriques et ne prétend pas à l'exhaustivité –, a enregistré 7 690 faits en septembre, contre 7 350 en août, soit un total de près de 76 900 depuis le 1er janvier. Une tendance se dessine depuis la rentrée : la violence se déplace des cibles matérielles aux cibles humaines. Les incendies de poubelles et de biens publics ont ainsi baissé de 10 % en septembre ; le nombre d'incendies de voitures semble aussi se tasser depuis la fin juin (près de 3 200 faits en septembre, contre 3 100 en août).

En revanche, les jets de projectile ont augmenté de 30 %, de même que les rodéos urbains, qui servent souvent d'appât pour faire entrer les forces de l'ordre dans les cités (près de 510 faits en septembre). Derrière ces statistiques, les spécialistes policiers perçoivent une délinquance plus dure, mieux organisée, sans pour autant tirer de conclusions définitives sur la multiplication des agressions contre les policiers. Les RG s'interrogent particulièrement sur un effet de mimétisme que pourrait susciter la multiplication des reportages et des articles sur l'anniversaire des violences urbaines de novembre 2005.

Toutefois, selon eux, les conditions de la commémoration ne sont pas réunies à l'heure actuelle. Il n'existerait pas de solidarité fédératrice entre quartiers sensibles; les auteurs habituels de ces violences urbaines ne peuvent pas s'appuyer sur une date symbolique forte, comme le 14 juillet ou le 31 décembre, nuits traditionnellement marquées par une multiplication des incendies de voitures. La fin du ramadan et les vacances scolaires, à la fin du mois, seront un test important.

Le ministère de l'intérieur note aussi le rôle très actif joué par les syndicats de policiers dans la médiatisation des agressions contre les forces de l'ordre, le 19 septembre dans la cité des Tarterêts, à Corbeil-Essonnes (Essonne) et le 1er octobre dans la cité des Musiciens aux Mureaux (Yvelines). "Il y a eu, c'est incontestable, une mise en scène syndicale très efficace, une façon de monter les choses en épingle, notamment au moment des Mureaux", explique-t-on au cabinet de Nicolas Sarkozy.

A la fin du mois de novembre auront lieu les élections professionnelles chez les policiers. Cette échéance provoque actuellement une activité syndicale intense, d'autant plus que, chez les gardiens de la paix et les officiers, le scrutin s'annonce indécis.

A l'approche de l'anniversaire des violences urbaines, tout événement qui a trait aux banlieues provoque sur le champ la rédaction de communiqués syndicaux, réclamant plus de moyens ou dénonçant le sort fait aux fonctionnaires. Les représentants des principales organisations devraient être reçus, mardi 17 octobre, au ministère de l'intérieur.

Pour l'heure, Nicolas Sarkozy n'envisage pas de faire de déplacement en banlieues, afin de ne pas "forcer dans le symbolique", comme le résume son entourage.

Posté par jmlir à 09:20 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

12 octobre 2006

La consommation de cocaïne progresse en Europe

Enquête sur l'utilisation des produits illicites chez les usagers de 15-24 ans et les 25 ans et + (2003). | Le Monde

La cocaïne rencontre un succès sans précédent en Europe, tandis que les saisies de cannabis enregistrent une baisse notoire pour la première fois depuis des années, selon un rapport de l'office central de répression des trafics illicites de stupéfiants (OCRTIS), dont Le Monde a eu connaissance. Datée du 27 juillet, cette note analyse l'évolution des trafics et met notamment en lumière la réorientation vers la cocaïne de trafiquants de moyenne envergure, issus des cités sensibles et jusque-là spécialisés dans le cannabis.

La cocaïne, "drogue des riches", se banalise en Europe. | GAMMA/CAMERA PRESS

La cocaïne, "drogue des riches", se banalise en Europe.

Celui-ci reste le produit stupéfiant le plus prisé, mais l'approvisionnement se complique. En 2005, 831 tonnes de résine de cannabis ont été saisies dans les 25 pays de l'Union européenne, contre 1 045 en 2004. L'axe principal emprunté par les trafiquants, qui va du Maroc aux pays du Nord en passant par l'Espagne et la France, a fait l'objet d'une forte pression policière. L'offre marocaine serait en diminution de 10 % en 2005, selon l'office. Pour la première fois, en juin 2006, Rabat a ordonné l'éradication de cultures de cannabis dans douze communes du Rif. La sécheresse a aussi influé sur les rendements.

"MARGE ATTRACTIVE"

En France, note l'OCRTIS, "la hausse continue des saisies de résine de cannabis enregistrée depuis quinze ans s'est brutalement interrompue en 2005", en particulier dans la deuxième moitié de l'année. Les différents services concernés ont mis la main sur 86,5 tonnes, contre 107,7 en 2004. Cette tendance se confirme au premier semestre de cette année : 30 tonnes ont été saisies, contre 55 en 2005. "La France et l'Europe sont plutôt efficaces dans la lutte contre les stupéfiants, assure Bernard Petit, patron de l'office. Sur le continent, on intercepte 90 tonnes de cocaïne sur les 250 estimées à l'import, et 1 000 tonnes de cannabis sur 3 000. Ce n'est pas rien !"

Les méthodes d'import sont variées. Le trafic par conteneurs et poids lourds, surtout à destination de la Grande-Bretagne et des Pays-Bas, est difficile à déjouer. L'échelon intermédiaire des trafics, lui, est composé d'individus important entre 15 kg et 100 kg de résine en provenance du Maroc, dissimulés dans des véhicules de tourisme. Ils appartiennent rarement à des organisations criminelles structurées et se font souvent arrêter à Tanger.

En revanche, d'autres malfaiteurs plus redoutables utilisent la technique du "go fast". Elle consiste à mobiliser plusieurs voitures, roulant en convoi à grande vitesse, de préférence la nuit sur autoroute. En 2005, huit réseaux de ce genre ont été démantelés en France. Tenant compte de la réponse policière, certains trafiquants ont décidé d'adapter cette méthode à la conduite de jour, à vitesse plus réduite, pour se fondre dans le trafic routier.

C'est cette même capacité d'adaptation qui a poussé des malfrats issus des cités à délaisser le cannabis au profit de la cocaïne. Ce phénomène explique la hausse des saisies en France, pays servant surtout de transit : près de 5,2 tonnes en 2005, soit 16 % de hausse par rapport à l'année précédente. Le nombre d'usagers de cocaïne interpellés par les forces de l'ordre a aussi augmenté de 14,20 % (2 807 personnes). "On note une augmentation incontestable de la consommation de cocaïne, explique le docteur Frédéric Rouillon, président du conseil d'administration de l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT). On a longtemps opposé les drogues stimulantes comme la cocaïne, prisées aux Etats-Unis, aux drogues sédatives, comme l'héroïne, très présentes en Europe. Le phénomène de mode autour de la cocaïne a largement entamé cette distinction."

L'héroïne, toutefois, enregistre une hausse très impressionnante : près de 750 kg, soit + 34 % par rapport à 2004. La reprise massive de la production en Afghanistan n'y est pas étrangère.

L'essor de la cocaïne intervient en dépit de la pression accrue sur les grands réseaux, dirigés par les cartels, et des progrès de la coopération policière internationale. Elle correspond à une réorientation des trafics vers l'Europe. "Les trafiquants colombiens ont eu un vrai débat il y a cinq ans, explique M. Petit. Ils avaient le choix entre se concentrer sur l'Amérique du Sud ou l'Europe. L'Amérique du Sud, c'est des frontières poreuses, une forte corruption, de nombreux consommateurs, mais aussi un faible prix de vente. L'Europe, elle, nécessite une logistique pour le transport, les peines sont fortes, mais en revanche, la marge est très attractive." Les trafiquants obtiennent un kilo de cocaïne pour environ 300 ou 400 euros, puis le revendent en Europe entre 24 000 et 40 000 euros, selon l'Ocrtis.

Issus des banlieues, les nouveaux trafiquants ne disposent pas des mêmes moyens logistiques que les cartels, mais ils ont des idées. Ils achètent souvent la cocaïne au Venezuela, en Colombie ou au Brésil et utilisent des porteurs pour les acheminer en France, rémunérés 1 000 euros le passage. Ils profitent aussi des marges du marché national. En Guadeloupe et en Martinique, 2 kg de résine s'échangent contre 2 kg de cocaïne, une équivalence exceptionnelle qui permet de dégager des bénéfices importants.

Posté par jmlir à 17:32 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 octobre 2006

Les bogoss baizent les rageux !

Les Mureaux en force", "Sevran baise tout le 93", "93, département le plus hardcore", "4 000 nique tout !!!" Par blogs interposés, avec un haut niveau de violence verbale, des jeunes des cités difficiles rivalisent pour déterminer quel est le quartier de France le plus craint, "le plus chaud" ou "le plus ghetto". A travers des centaines de blogs s'expriment la fierté et un puissant sentiment d'appartenance à chacune des "tess" (cités) de France.

La Cité des 4000, à La Courneuve

Le sentiment d'avoir constitué des territoires interdits aux personnes extérieures est un dénominateur commun de ces blogs, qui relèvent presque tous de la galaxie des Skyblogs. "4 000 (La Courneuve) mec tu rentre OK, tu resors K. O. !!!", proclame l'auteur de mecsdu93.skyblog. com, un blog sur la Seine-Saint-Denis. "Nous parlons de notre quartier comme un lieu dangereux pour ce qui ne vienne pas de la cité, mais pour nous c'est notre cité et ont aiment l'ambience que degage notre quartier.", explique, par mail, Nassim M., d'Aulnay-sous-Bois. Lui et ses copains ont retiré de leur site des photos prises pendant les émeutes de novembre 2005, de peur d'être poursuivis par la justice.

La haine des "keufs" est partagée, avec les traditionnels "nique les flics" ou "brigades antikeufs" (BAK) (jeu de mots avec BAC, brigade anticriminalité). Des raps antipoliciers sont diffusés, assortis du rituel : "Fais tourner ce son."

Les blogueurs reprennent les documents officiels - liste des zones urbaines sensibles, par exemple - pour dresser des palmarès. Celles-ci sont débattues pour savoir si telle ou telle cité mérite d'y figurer. A travers les commentaires que chacun peut poster sur les blogs concurrents, les invectives pleuvent. Les pires insultes touchent aux soeurs et aux mères : pour blesser l'habitant d'un autre quartier, on "baize sa mère", ce qui provoque des réponses encore plus crues.

Comme des dizaines d'autres blogs, Cronenbourg67200.skyblog. com se vante ainsi d'une descente effectuée dans le quartier concurrent, la "6T Erstein" (cité Erstein), photo à l'appui. "On est alé la bas on é passer ya pas eu de probleme on c pozé la bas maintnat il peuve pas nié g penser a prendre les foto", assure le blogueur. Une attitude moquée par ceux de la "6T Erstein" dans leurs commentaires : pour eux, la descente était fictive, trop rapide pour donner lieu à un affrontement.

Sur ces blogs, on se présente comme des "gangsta" (gangster) ou des "bogoss" (beaux gosses). Les amis sont des "couzins" ou des "potos" (potes), les ennemis, des "bolos" (victimes) ou des "rageux". L'écriture, difficile à déchiffrer, est un mélange de verlan, d'argot, avec utilisation du langage SMS et une accumulation de fautes d'orthographe. "Lé rumeur c ke votr ville pu la merde, votr cité é tro moche é pu la défaite, vs vs fait boloss (agresser) pr tro de villes (créteil, grigny-corbeil, courcourone) et le 95 on vs bèz !", assène ainsi un dénommé 95sisi dans un commentaire sur le blog de deux jeunes des Pyramides, à Evry.

Les blogueurs utilisent des dénominations propres à leurs quartiers, compréhensibles par les initiés. Les "3 000" d'Aulnay deviennent les 3keus (ou 3keu$ ou 3keuss), le quartier Rougemont de Sevran est transformé en "RGT", le Neuhof à Strasbourg le "NHF", les Mureaux deviennent 78sang30 (code postal : 78 130).

Sur les sites, les images de rodéos à moto ou en voiture sont fréquentes. Des photos d'armes ou de liasses de billets circulent. Impossible de déterminer la part des menaces réelles et celle des provocations. Un photomontage a beaucoup de succès : sur un panneau routier lumineux, on peut lire un texte décliné selon le département ou le quartier. Sur le mode : "Bienvenue aux Mureaux. Nombre d'habitants : environ 30 000. Taux de criminalité : 97 %. Taux de chance d'en ressortir vivant : quasi nul. A partir du moment où vous avez passé ce panneau le jeu commence. Bonne chance."

Skyblog assure un semblant de contrôle. Mais la masse des quelque six millions de Skyblogs recensés rend impossible une régulation efficace. A commencer par l'autorisation parentale, obligatoire pour la création d'un blog par un mineur. Ou encore l'interdiction des propos injurieux ou diffamatoires. Des dizaines de blogs ont toutefois été fermés ces derniers mois, dont beaucoup qui présentaient des photos, voire des vidéos des émeutes ou qui ne cachaient pas leur caractère violent.

La police garde un oeil sur cette production, pour tenter de repérer des groupes ou des individus qui se vantent de leurs actes. Dans l'Essonne, à Grigny, un blog comme celui de "Black Guérilla Armée" (BGA) a ainsi été placé sous surveillance. Pendant les émeutes de l'automne 2005, les services de police avaient repéré des blogs appelant les jeunes à investir Paris pendant un week-end. Cet appel n'avait pas été suivi. Sur quelques blogs, des commentaires appellent à de nouvelles violences lors de l'anniversaire des émeutes de 2005.

Posté par jmlir à 18:03 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

04 octobre 2006

Emeutes: un bilan inquiétant

Un an après la flambée d'octobre et de novembre 2005, le sociologue Sebastian Roché livre la première analyse complète sur ces violences. Selon lui, le feu couve toujours.

Profil des émeutiers, poids des milieux islamistes, réaction des pouvoirs publics: dans son dernier ouvrage, Le Frisson de l'émeute (Seuil), Sebastian Roché, directeur de recherche au CNRS, dissèque cet ovni social débarqué dans une France en apparence paisible. «Personne n'avait rien vu venir, souligne l'auteur à L'Express. En 2005, une seule émeute avait été recensée. Or, sans interruption, du 27 octobre au 17 novembre 2005, nous avons connu des violences bien supérieures par leur intensité et par leur durée à la moyenne, qui, en France, est de l'ordre de trois jours.»

La mort de deux jeunes, réfugiés dans un transformateur électrique pour échapper à un contrôle de police, embrase les banlieues. Le chercheur s'attarde d'abord sur les raisons de cette propagation. «Les journaux télévisés de 20 heures n'ont pas été le vecteur principal des émeutes. Pendant une semaine, les incidents restent limités à la Seine-Saint-Denis: une succession d'erreurs a permis la contagion.» Roché liste ces moments clefs, de la «position maladroite» des autorités au tir d'une grenade lacrymogène près d'une mosquée.

Le chapitre consacré au profil des émeutiers - intitulé «Le goût de la violence» - suscitera sans doute des polémiques. «Plus de la moitié des auteurs sont des réitérants confirmés, ancrés dans la délinquance», assure le chercheur. C'est pourquoi Roché ne cache pas son scepticisme quant à la capacité des ex-émeutiers à trouver une issue politique, en s'inscrivant sur les listes électorales: «En novembre 2005, il n'existait chez eux aucune dimension politique ou révolutionnaire affirmée. Je n'ai pas non plus observé de signes distinctifs évoquant un engagement religieux.» Par ailleurs, Roché souligne «la forte implication de jeunes issus d'une immigration d'Afrique sub-saharienne, particulièrement concernés par la délinquance». Les événements ne porteraient cependant aucune revendication ethnique. «Il n'y a pas eu d'affrontements entre communautés, relève le chercheur. On ne s'en est pas pris aux “Blancs” ni aux “chrétiens”, si l'on excepte des incidents isolés visant des églises.» Seul contre-exemple, note Roché, le cas d'Evreux (Eure), où «des biens appartenant à des commerçants d'origine maghrébine ont été épargnés». Le sociologue insiste sur «une dimension rarement soulignée»: lors de certains affrontements, les émeutiers visaient non à se mesurer aux forces de l'ordre, mais bien à tuer.
Roché n'exonère pas pour autant la police de toute responsabilité. Il se montre même particulièrement critique à l'égard du ministre de l'Intérieur, à qui il reproche d'avoir opté pour une police très répressive. «Une police d'interpellation est nécessaire, mais elle n'est pas adaptée aux phénomènes d'émeutes», soutient Sebastian Roché, qui ne cache pas sa préférence pour une «police de proximité», thème de son précédent livre. «Les rapports entre police, très largement blanche en France, et minorités, bien souvent de couleur, sont médiocres, insiste-t-il. Les personnes d'origine étrangère sont deux fois plus souvent contrôlées. Les préjugés préparent à l'affrontement de rue.»

En définitive, pour Roché, nous n'avons pas tiré les enseignements de la fracture qu'ont révélée les émeutes. «Le mieux, ironise Roché, est de faire comme si elles n'avaient pas eu lieu.» Après la parution d'un tel livre, ce ne sera plus possible.

Posté par jmlir à 17:21 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1