31 août 2006
Plus d'un Français sur deux est connecté à Internet
La France compte près de 27 millions d'internautes, soit plus d'un Français sur deux âgés de 15 ans et plus, selon l'enquête semestrielle de l'institut Ipsos-Media publiée lundi 29 août.
C'est la première fois que la barre des 50 % est franchie, note l'institut. En un an, de juin 2005 à juin 2006, le taux de pénétration a augmenté de 10 points, passant de 44,1 % à 54,6 %, conséquence de la généralisation du haut débit et des offres incluant le téléphone et la télévision dans l'abonnement.
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Le profil des internautes évolue lui aussi. Les utilisateurs hommes (53 %) restent toujours plus nombreux que les femmes (47 %). De même, les jeunes générations sont les plus présentes sur le Web : 78 % des internautes ont moins de 50 ans, alors que cette tranche d'âge représente 54 % de la population française de 15 ans et plus. Mais la proportion des jeunes utilisateurs (15-24 ans) diminue, passant de 29 % en 2003 à 24 % aujourd'hui. Cette baisse s'explique par la connexion en expansion ces dernières années des plus de 50 ans, qui représentent désormais 22 % des internautes, contre 19 % il y a un an.
18 % DES INTERNAUTES ONT DÉJÀ CRÉÉ UN BLOG
La province est légèrement sous-représentée, puisqu'on y retrouve 78 % des internautes pour 81 % de la population française. Les étudiants sont quant à eux surreprésentés par rapport à leur poids dans la population, comptant pour 19 % des internautes et 11 % de la population, tandis que le phénomène est inverse pour les retraités, qui représentent 10 % des connectés et 22 % de la population. De façon plus générale, les CSP+ sont majoritaires (38 %) devant les CSP- (29 %).
Les lieux de connexion laissent la part belle au domicile, d'où se connectent 84 % des utilisateurs, contre 38 % qui surfent depuis leur lieu de travail, ce qui confirme l'amélioration du taux d'équipement des foyers, qui passe la barre des 50 %. Une grosse majorité (85 %) des internautes équipés à domicile le sont en haut débit.
Quant aux nouveaux usages du Net, le blog se distingue. 18 % des internautes affirment en avoir déjà créé un, alors qu'ils étaient moitié moins il y a un an. 11 % des internautes sont abonnés à des flux d'information (RSS) et 14 % ont téléchargé des programmes audio (12 %) ou vidéo (6 %) par Internet (podcasts) au cours des six derniers mois.
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Le sentiment d'insécurité du « dealer de cité »
Cet article s’appuie sur trois enquêtes d’ordre ethnographique (banlieue parisienne, Marseille) portant sur un type de groupe qui s’appelle et qui est généralement appelé « les jeunes de la cité ».
Il s’intéresse principalement au sentiment
d’insécurité éprouvé par certains jeunes engagés dans le trafic de
stupéfiants (cannabis et cocaïne principalement) : l’activité illicite
la plus rentable, celle qui structure le plus la vie sociale du type de
groupe étudié (notamment via la division du travail et le marché de la
dette).
L’article propose d’éclairer la complexité du travail de dealer et cherche à déconstruire l’idée qu’il s’agit « d’argent facile ». Dans une époque où le sentiment d’insécurité des « braves gens » est mis en exergue et les « sauvageons » condamnés sans autre forme de procès, ce travail tente de faire comprendre les ressorts de l’action du dealer confirmé (ou « grossiste de cité »), c’est à dire ce qui le pousse à s’engager dans une carrière délinquante voire criminelle, à s’inscrire dans un univers hautement concurrentiel où le risque est omniprésent, où les garanties juridiques sont inexistantes.
Texte intégral sur la Revue d’histoire de l’enfance « irrégulière » : http://rhei.revues.org/document133.html
De l'échec scolaire à la discrimination à l'embauche
Dans les banlieues, plus d'un jeune sur trois est
au chômage. Et à qualification égale, il a quatre fois moins de chance
qu’un autre jeune de décrocher un emploi. Que faire ?
L'emploi dans les banlieues
Dans les quartiers « difficiles », plus d’un jeune de moins de 25 ans sur trois est au chômage, conséquence d’un échec scolaire de masse et d’une crise économique persistante.
Sur les 140 000 élèves qui quittent chaque année le système scolaire sans aucune formation, les jeunes des cités fournissent le gros des bataillons.
En 30 ans, les grandes villes industrielles ont été amputées d’environ un million d’emplois ouvriers. Certes, de nouveaux emplois ont été créés notamment grâce à l’instauration des « zones franches urbaines » lancées en 1996 par le Premier ministre de l’époque, Alain Juppé. L’actuel ministre de l’Emploi, de la Cohésion sociale et du Logement, Jean-Louis Borloo, a relancé ce dispositif en 2003, le nombre de zones franches passant de 41 à 85. En 2004, 5 000 emplois auraient ainsi été créés. Positif, mais nettement insuffisant, les jeunes les moins qualifiés n’ayant toujours pas accès au travail.
Les nouvelles mesures
Le 7 novembre, Dominique de Villepin a annoncé une série de mesures pour l’emploi dans les quartiers « sensibles » :
Les ANPE et Missions locales des zones urbaines en crise, devront offrir, dans les trois mois, une proposition concrète de formation, de stage ou d’emploi aux jeunes qui en ont besoin.
Vingt mille contrats aidés par l’Etat seront aussi réservés aux habitants de ces quartiers.
15 « zones franches urbaines » supplémentaires verront le jour, incitant les entreprises à s’implanter dans les banlieues en échange de fortes réductions de charges sociales.
Un projet de loi abaissant à 14 ans – au lieu de 16 ans actuellement – l'entrée en apprentissage.
Les obstacles : violence et discrimination
A Mantes-la-Jolie, Renée Salvador a bien tenté, à la demande du maire, d’intégrer les « meneurs » des quartiers difficiles. Sans succès : ces derniers exportent leur violence et « pourrissent » la vie du Centre de formation qu’elle dirige.
Même déconvenue lorsqu’il s’est agi d’embaucher des jeunes sans formation dans son entreprise de bâtiment, Hervé SA, qui emploie quelque 500 salariés. « Nous avons recruté 15 jeunes d’origine africaine pour les former à un métier. Mais, au bout de quelques mois, un seul et unique jeune est resté dans l’entreprise. Les autres n’arrivaient pas à se lever le matin, à se déplacer sur les chantiers, à entrer dans le rythme des journées de travail et à se concentrer sur leurs tâches, parfois jugées trop dures. De plus, ils ne bénéficiaient d’aucun soutien familial. »
Autre gros écueil : la discrimination à l’embauche frappe d’abord les jeunes des cités. A cet égard, le Premier ministre a décidé de sanctionner les entreprises qui pratiquent cette discrimination. « Cela m’apparaît essentiel pour guérir les maux des banlieues, affirme Khalid Hemdani, membre du Haut conseil à l’intégration et président de Forum, société de recrutement et de gestion de personnel. A qualification égale, un jeune de banlieue a quatre fois moins de chance qu’un autre de décrocher un emploi. Or, ces jeunes qui ont un besoin fou de reconnaissance témoignent souvent d’une formidable envie de faire leurs preuves quand ils intègrent une entreprise. Cette énergie, c’est même leur principal atout dans l’emploi. »

